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Druzes 1934

Les Druzes

Originaires du Moyen-Orient, les Druzes forment un groupe ethno-religieux arabophone[1]. Leur nombre dans le monde est estimé entre un et deux millions environ, et il n’existe aucun recensement précis[1][2][3]. La Syrie abrite la plus grande communauté, devant le Liban et Israël. D’autres vivent en Jordanie, en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud[2][4].

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Les Druzes, qui se nomment eux-mêmes Muwahhidun, ou « monothéistes », suivent une foi fondée sur l’unicité de Dieu[3]. Elle apparaît au Caire vers 1017 et reste fermée aux conversions depuis le milieu du XIe siècle[1][2][3]. Ses racines se trouvent dans l’ismaélisme, mêlé à la philosophie grecque et à d’autres influences, et les Druzes y voient une nouvelle interprétation du judaïsme, du christianisme et de l’islam[2]. Le statut personnel des femmes est presque identique à celui des hommes, et la polygamie est interdite[2].​ Environ 150 000 Druzes vivent aujourd’hui en Israël, y compris dans le Golan, notamment à Daliyat al-Karmel et à Isfiya, sur le mont Carmel, et à Beit Jann, en Galilée[2][4][5].

Le patrimoine culturel immatériel des Druzes en Israël

La Convention de l’UNESCO de 2003 décrit le patrimoine vivant à travers cinq domaines, des traditions orales à l’artisanat [6]. Le patrimoine druze en Israël les touche tous, mais il ne s’ouvre pas entièrement aux personnes extérieures. Les livres religieux sont réservés aux Uqqal initiés, et les spécialistes de la vie villageoise druze distinguent le patrimoine public, offert aux visiteurs, d’un patrimoine privé, conservé au sein de la communauté [2][7].

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Traditions et expressions orales

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La transmission orale façonne la vie religieuse au quotidien. La plupart des Druzes appartiennent aux Juhal, les non-initiés, qui ne lisent pas les livres sacrés et reçoivent leur foi par une tradition transmise de génération en génération [2]. Les lieux saints portent aussi leurs récits. L’un d’eux raconte que Saladin, à la veille de la bataille de Hattin, rêva qu’un ange lui promettait la victoire et que son cheval le mènerait au tombeau du prophète Chouaïb [2].

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Les Archives israéliennes des contes populaires, à l’Université de Haïfa, conservent des récits druzes aux côtés de ceux d’autres communautés [8]. Un conte druze, « Honore ton hôte, même s’il est mendiant », porte la valeur de l’hospitalité [9]. Des chercheurs ont également étudié les versions druzes du conte « Le Loup et les Chevreaux », où le besoin de distinguer l’ami de l’ennemi et de défendre sa maison prend une importance particulière [10][11].

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La langue garde elle aussi la mémoire. À Daliyat al-Karmel, les habitants parlent encore avec un fort accent d’Alep, et la plus grande famille de la ville, les Halabi, tire son nom de cette cité syrienne [2]. Beaucoup de Druzes conservent le son qaf, prononcé fortement comme en arabe classique ; les habitants distinguent leur accent d’un village à l’autre, et l’hébreu est devenu une langue dominante sur le mont Carmel [12][13][14].

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Arts du spectacle

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Les enregistrements anciens donnent un aperçu de la musique druze en Galilée et sur le mont Carmel. L’album Arabic and Druze Music, publié par Folkways en 1956, comprend un chant de mariage druze enregistré à Isfiya [15]. Des images filmées à Maghar montrent un mariage célébré sur trois jours, qui s’achève par la procession conduisant la mariée chez son époux [16]. La dabké reste une danse de mariage, aujourd’hui souvent dansée séparément par les hommes et les femmes [17]. Chez les Druzes de Soueïda, en Syrie, la flûte mijwiz accompagne la dabké, et des poèmes chantés rappellent les ancêtres et les héros [18].

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Pratiques sociales, rituels et événements festifs

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La foi druze n’a ni liturgie fixe ni pèlerinage obligatoire. Les rassemblements autour des tombeaux vénérés étaient d’abord des réunions consacrées aux affaires de la communauté, puis ils ont pris peu à peu le caractère de fêtes religieuses [2]. La plus importante est la Ziyarat al-Nabi Chouaïb, organisée du 25 au 28 avril au sanctuaire situé à l’ouest de Tibériade, qui honore le prophète Chouaïb, identifié à Jéthro, le beau-père de Moïse [19]. Les visiteurs échangent la salutation « Ziara Makbula », c’est-à-dire « Que ton pèlerinage soit accepté » [19]. Cette fête est un jour férié reconnu : les travailleurs et les soldats reçoivent un congé, et les écoles du secteur druze ferment [20]. Israël en a fait une fête officielle de trois jours en 1954, avant de la porter à quatre jours [21].

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D’autres sites suivent leur propre calendrier. Les Druzes célèbrent le prophète Sabalan à Hurfeish le 10 septembre, se réunissent pour al-Khadr à Kafr Yasif le 25 janvier et se rendent au tombeau d’Abou Ibrahim, à Daliyat al-Karmel, pour accomplir leurs vœux et recevoir des bénédictions [2].

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Le vêtement et les symboles rendent ces engagements visibles. Les hommes Uqqal se rasent la tête et portent un turban blanc, tandis que les femmes portent un voile blanc, sous lequel les plus pratiquantes couvrent entièrement leurs cheveux [2]. Selon une explication répandue, les cinq couleurs de l’étoile druze représentent cinq principes cosmiques : le vert pour l’Intellect universel, le rouge pour l’Âme universelle, le jaune pour la Vérité, le bleu pour la Cause et le blanc pour l’Effet [22]. L’hospitalité complète ce code social. On offre aux invités du café à la cardamome, des fruits et des gâteaux, et il est d’usage de les accepter [23].

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Connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers

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La cuisine suit la terre et le calendrier. Dans une famille de Maghar, le labneh, la pita et les olives restent sur la table toute l’année, tandis que les feuilles de vigne marquent le printemps, les plats au yaourt l’été, la chicorée l’automne et le boulgour l’hiver [24]. La cuisine druze partage beaucoup avec les autres cuisines arabes de la région, et les conditions locales en façonnent les détails. Dans le Golan, les cuisinières et les cuisiniers utilisent des plantes sauvages comme le gundelia de Tournefort [25]. Les villages du Golan vivent aussi de leurs vergers de pommiers et de cerisiers [2].

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Savoir-faire artisanal

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Les femmes de Hurfeish ont appris la broderie, la dentelle et le crochet auprès de leurs mères et de leurs grands-mères [26]. Leur groupe, les Lace Makers, a transformé cet artisanat en source de revenus, et ses membres se retrouvent chaque semaine dans leur centre [23][27]. Le centre de dentelle du village accueille également les visiteurs qui souhaitent apprendre [28].

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La cuisine est un savoir-faire à part entière. Les connaissances transmises entre générations de femmes druzes ont façonné le tourisme culinaire dans les villages, et une habitante de Daliyat al-Karmel a transformé sa maison en restaurant, devenu le plus fréquenté de la ville [29]. Les villageois cuisent la fine pita druze dans des stands en bord de route, et les visiteurs viennent pour des plats comme le mansaf, la mujadara et le labneh maison [30].

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La transmission aujourd’hui

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Le Centre Carmel pour le patrimoine druze, à Daliyat al-Karmel, présente le vêtement, la cuisine, l’artisanat et les métiers traditionnels dans un musée interactif [31]. Le tourisme donne à ces traditions un public et des revenus, en particulier pour les femmes, mais il soulève aussi la question de savoir qui façonne l’image du village druze [7][29]. La sauvegarde de ce patrimoine dépendra des choix de la communauté elle-même : ce qu’elle veut partager, ce qu’elle veut garder et la manière de le transmettre à la prochaine génération.

Druze

Druze

Druze
Les Druzes en Israël

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16:53
Sons of Abraham:Secret Order, A: The Druzes. (sample)

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28:05
The Druze and the Circassians of Israel

The Druze and the Circassians of Israel

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Liens

Patrimoine et références

 

Recherche universitaire

 

Organisations de la diaspora: États-Unis

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Organisations de la diaspora : Canada et Royaume-Uni

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Autres ressources communautaires

Références

  1. Druze, Bibliothèque nationale d’Israël.

  2. Naim Aridi, The Druze in Israel: History & Overview, Jewish Virtual Library.

  3. Druze, New World Encyclopedia.

  4. Données du Bureau central des statistiques sur la population druze, Davar.

  5. The Druze Population of Israel on the Occasion of the Nabi Shu’ayb Festival 2023, Bureau central des statistiques d’Israël.

  6. Intangible Cultural Heritage Domains, UNESCO.

  7. Cultural Heritage in Israel: Brokering the Image of the Druze Village, Academia.edu.

  8. Israel Folktale Archives, Tradition Archives.

  9. Treasures of Israeli Folklore Explored in New Volume, The Jerusalem Post.

  10. Ravit Raufman, Aspects of the Social Unconscious Reflected in Traditional Folktales, Université de Haïfa.

  11. Defending the House, Relating to the Neighbours: The Druze Versions of ATU 123, Folklore, vol. 122, n° 3.

  12. Druze, Encyclopedia.com.

  13. “Almost a Mother Tongue”: National Identity and Hebrew Language, Dialnet.

  14. Code-Switching & Language Attitude Among the Druze Community in Israel, ResearchGate.

  15. Sam Eskin, Arabic and Druze Music, Folkways Records, 1956.

  16. A Druze Wedding Ceremony in the Village of Maghar, Archives israéliennes du film, Cinémathèque de Jérusalem.

  17. Leçon sur la dabké, Reshet Mofet (en hébreu).

  18. The Druze Community of Sweida: Traditions of Unity, Joy, and Resilience, Beit El Jebel.

  19. Tzvi Joffre, Druze Community Marks Ziyarat al-Nabi Shu’ayb Festival, The Jerusalem Post, 2021.

  20. Happy Ziyarat al-Nabi Shu’ayb!, Collège universitaire Ono.

  21. Alex Stein, Jethro’s Skull, Love of the Land.

  22. Slideshow: Who Are the Druze?, PBS Wide Angle, 2009.

  23. Lace Makers of Horfeish, New Jersey Jewish News, 2018.

  24. Jenny Miller, Eating Druze: Seasonal Cooking Is a Virtue in Galilee, Food Republic, 2015.

  25. A Taste of Druze Cuisine, Tablet Magazine.

  26. Horfeish Women’s Centre for Traditional Arts & Crafts, Secret Galilee Gallery.

  27. Natalie Elgrabli, Making Lace and Money, Lilith Magazine.

  28. 7 Druze Villages in Northern Israel, magazine d’El Al.

  29. Lindsey Pullum, Maisa’s Kosher Kitchen, Centre d’études arabes contemporaines de l’Université de Georgetown, 2022.

  30. Israel’s Druze Villages, ministère israélien des Affaires étrangères.

  31. Abigail Klein Leichman, The Town at the Heart of Druze Culture, ISRAEL21c, 2011.

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