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Musique folklorique israélienne

La musique folklorique est une part vivante du patrimoine culturel immatériel. Elle accompagne tous les aspects de la vie d’une communauté, sacrés et profanes, festifs et quotidiens : mariages et funérailles, rituels et rites de passage, travail, fêtes et divertissements. À travers ses chants, une communauté raconte sa propre histoire et la transmet [1].

Le patrimoine musical folklorique d'Israël rassemble des traditions juives et non juives qui se sont rencontrées et mêlées pendant plus d'un siècle pour former une culture musicale singulière [2] . Depuis la fin du XIXe siècle, les compositeurs ont recherché des caractéristiques mélodiques et rythmiques susceptibles d'exprimer une nouvelle identité nationale. Parallèlement, les immigrants juifs d'Europe, d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d'ailleurs ont apporté leurs propres traditions musicales, qui se sont fondues dans un nouveau son israélien [2] . La musique demeure un élément central de l'identité israélienne. Le musicologue Natan Shahar a démontré comment le chant communautaire (shira be-tzibur), un passe-temps favori de la communauté juive d'avant la création de l'État, a contribué à forger une identité partagée [3] [4] .

Dans les premières années de l’implantation sioniste, les chansons hébraïques originales sont encore rares, et les pionniers chantent souvent de nouvelles paroles en hébreu sur des mélodies populaires existantes. L’hymne national d’Israël, « Hatikvah », en est un exemple célèbre. Ses paroles viennent d’un poème écrit par Naftali Herz Imber en 1877. Vers 1888, Samuel Cohen, un jeune colon de Rishon LeZion, le met en musique sur un air adapté d’une chanson populaire roumaine, « Carul cu boi », elle-même variante de la mélodie italienne de la Renaissance « La Mantovana » [5][6].

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En 1895, les habitants de Rishon LeZion fondent le premier orchestre juif du pays, une fanfare amateur qui joue de la musique légère et des arrangements de chansons populaires [7][8].

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Le chantre et musicologue Abraham Zvi Idelsohn, né en Lettonie, s’installe à Jérusalem en 1906. Il enregistre et transcrit la musique liturgique et populaire des nombreuses communautés juives de la ville, notamment yéménites, hassidiques et syriennes. Ce travail est publié plus tard dans son Thesaurus of Hebrew-Oriental Melodies [9]. D’autres musiciens de formation classique le suivent, parmi lesquels Gershon Ephros en 1909 et le compositeur Joel Engel, qui s’installe à Tel-Aviv en 1924. Comme Idelsohn, Engel cherche à faire connaître les mélodies juives traditionnelles à un large public [2][10].

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À partir de la deuxième Aliyah (1904–1914), les immigrants composent de plus en plus de chansons originales. Parmi les premiers figurent Hanina Karchevsky, arrivé en 1907, auteur de « BeShadmot Beit Lehem » et de « Po BeEretz Hemdat Avot », et David Ma’aravi, compositeur de « Shirat HaNoar » [11][12]. Dans les décennies suivantes, les compositeurs recherchent des modes mélodiques et rythmiques qui distinguent leurs chansons de la musique européenne. Parmi les figures marquantes : Mattityahu Shelem (« VeDavid Yefe Einayim », « Shibbolet BaSadeh »), Yedidia Admon (« Shadmati »), Menashe Ravina, Marc Lavry (« Shir HaEmek ») et Mordechai Zeira (« Hayu Leylot », « Layla Layla », « Shnei Shoshanim ») [2][13]. Dans les années 1940 et 1950, Emanuel Zamir compose des « chants de bergers » (shirei ro’im) inspirés de la musique bédouine, sur des paroles de style biblique, souvent accompagnés à la flûte à bec [2].

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Cette recherche d’un nouveau chant hébraïque marque aussi la littérature, le théâtre et les arts visuels de l’époque. Elle cherche les racines de la nouvelle nation dans la culture hébraïque ancienne de la Bible [2]. La Histadrout, la fédération syndicale qui assure avant 1948 de nombreuses fonctions d’un État, soutient ce mouvement par son Centre culturel (Merkaz LeTarbut), qui publie des recueils de chants et commande des œuvres aux compositeurs hébraïques [2]. Le chant collectif est activement encouragé. Les mouvements kibboutziques diffusent des recueils et font du chant en commun un moment central de la vie du kibboutz, qui sert aussi à enseigner l’hébreu aux nouveaux immigrants [2][4]. Plus tard, la radio israélienne joue un rôle majeur dans la promotion du chant hébraïque et la préservation de son patrimoine [2].

Les différents styles de musique folklorique israélienne.

La musique folklorique englobe de nombreux styles régionaux, traditionnels et contemporains qui reflètent les histoires, les cultures et le quotidien de différentes communautés. Voici quelques exemples de styles musicaux.

Références

[1] UNESCO. « Arts du spectacle (tels que la musique traditionnelle, la danse et le théâtre) ». Patrimoine culturel immatériel.

[2] Jewish Music Research Centre, Hebrew University of Jerusalem. « Marc Lavry » ; « Mordekhai Zeira ».

[3] « Nathan Shahar ». Wikipédia.

[4] Centre de recherche sur la musique juive, Université hébraïque de Jérusalem. « Chant communautaire » (שירה בציבור).

[5] Encyclopaedia Judaica. « Ha-Tikvah ».

[7] Min-Ad: Israel Studies in Musicology Online, vol. 20, 2022.

[8] Institut Européen des Musiques Juives. « La musique en Israël ».

[9] RILM, Bibliolore. « Abraham Zvi Idelsohn et ses enregistrements à Jérusalem ».

[10] « Joel Engel (compositeur) ». Wikipédia.

[11] « Hanina Karchevsky ». Wikipédia.

[12] Ministère de l'Éducation d'Israël. « Shirat HaNoar – David Ma'aravi » (dossier pédagogique).

[13] Srugim. « VeDavid Yefe Einayim » (hommage à Yigal Bashan ; mélodie de Mattityahu Shelem).

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